La première édition de la Start-up challenge, organisée du 26 au 28 du mois en cours par le Centre national de recherche en biotechnologie (CRBT) de Constantine, était l’occasion pour différents experts d’éclairer la communauté universitaire sur la réalité de la recherche et du développement (R&D) en Algérie. C’est ainsi qu’il a été fait état du nombre insignifiant d’initiatives en entrepreneuriat et de l’absence déconcertante de laboratoires d’entreprise.

C’est du moins ce qui ressort de l’intervention du représentant du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique (MESRS). Dans son allocution, le Pr Mokhtar Sellami a relevé un retard considérable en la matière que son département s’attelle à rattraper par le biais de nouvelles orientations.

D’emblée, il annoncera l’introduction du doctorat de l’entreprise à partir de la rentrée universitaire prochaine 2018. «A partir de septembre 2018, les étudiants en doctorat pourront élaborer leur thèse au niveau des laboratoires d’entreprise», a-t-il soutenu. Le directeur du développement technologique et de l’innovation au MESRS a ainsi confirmé la stratégie de la tutelle qu’elle a codifiée grâce à l’arrêté interministériel du 10 juillet 2016, venu appuyer l’université dans son volet de recherche scientifique.

 

Un arrêté qui fixe la liste des activités de recherche-développement en entreprise, répertoriées en dix-huit domaines formant désormais la nomenclature de la recherche. Une réglementation perçue avec optimisme par les responsables d’universités et de centres de recherche : «Cet arrêté, qui est venu inciter les entreprises et universités à la recherche utile, à l’engagement mutuel dans une vision de développement, est aussi un test pour mesurer les capacités des entreprises dans la compétitivité et l’innovation.» L’orateur rappellera en substance les avantages fiscaux octroyés aux entreprises qui en seront partenaires.

Des mesures incitatives pour booster la recherche au sein de l’entreprise, un créneau qui, selon la même source, ne captive les compétences universitaires qu’à hauteur de  2 %. Renverser la vapeur n’est pas une lubie, mais une exigence de l’évolution des technologies et des avancées en matière de recherche. Une réalité que le Pr Sami Djoulah, de Wiratech Europe, a corroborée à travers son intervention : «La valeur ajoutée à la recherche scientifique est la technologie, il faut automatiser, le chercheur réfléchit, mais c’est la machine concrétise.»
 

DIX-HUIT PROJETS EN COMPÉTITION

Cette jonction entre l’université et l’entreprise ira en s’affirmant dans les années à venir, selon le représentant du MESRS. Preuve en est que la tutelle ambitionne de créer 12 incubateurs à travers plusieurs wilayas, et le coup d’envoi a été donné à partir de Constantine par le truchement de la première édition de la Start-up challenge.

«Cette compétition a pour principal objectif la promotion de la culture de la bio-entrepreneuriat relative aux deux thématiques suivantes, le biotraitement et la valorisation des déchets, et le développement d’un dispositif pour le diagnostic médical», selon le directeur du CRBT, Amar Azioun. Et d’ajouter : «Les porteurs d’idées innovantes retenues auront l’occasion d’avoir un contrat direct avec des acteurs du monde de l’entrepreneuriat. Ils bénéficieront d’un accompagnement de leur idée jusqu’à concrétisation.»Cette start-up challenge a vu la présentation de 50 projets, dont 18 seulement ont été retenus.

Des idées innovantes, qui ont été présentées et débattues devant un panel d’experts venus pour certains de France, ainsi que des formateurs de l’Ansej.

Parmi les postulants, un trio d’étudiants en Master 1 diagnostic médical à l’Ecole nationale supérieure de biotechnologie. Haroun Bensaadi, Islam Hazil et Yasser Raghdi ont proposé dans cette compétition une plateforme standard pour détecter le cancer. «Nous proposons un modèle de biocapteur miniaturisé dans le but de détecter les biomarqueurs de nature protéique. Chaque type de cancer a ses propres marqueurs. La nouveauté dans notre projet est d’augmenter la sensibilité, soit une meilleure détection», nous dira Haroun, qui précisera que la vulgarisation du processus est en réalité beaucoup plus complexe.

Les lauréats bénéficieront d’un suivi d’une année à deux, a laissé entendre le représentant du ministère, lequel insistera sur la synergie université-entreprise, qui aurait toutes les chances d’aboutir en raison des projections déjà tracées. Face à une culture de l’entrepreneuriat qui trouve des difficultés à atteindre sa vitesse de croisière, Mokhtar Sellami relèvera l’échec du dispositif d’emploi Ansej. L’agence, qui a dans son actif la création de 369 000 entreprises, n’en recense que 2800 destinées aux diplômés universitaires qui n’exercent pas dans leur domaine de prédilection. 

 

Comment remédier à la situation ? Par la mise sur pied de milliers d’entreprises innovantes d’ici à cinq ans : «L’objectif de la stratégie élaborée du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique est d’atteindre le nombre de 10 000 start-up à l’horizon 2023.»

Naïma Djekhar

Source : elwatan.com

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